Quels sont les fondements de l’islam ?

L’islam est l’une des trois religions monothéistes les plus répandues. Il est apparu au 7e siècle dans la péninsule arabique sous l’impulsion du prophète Mahomet. Le berceau de cette religion est La Mecque (Maqa en arabe). Étymologiquement, islam signifie « soumission ».

Pratiqué par plus de deux milliards de personnes de par le monde, l’islam est la deuxième religion monothéiste la plus répandue après le christianisme. Dans l’Histoire, c’est le troisième (après le judaïsme et le Christianisme) grand courant de religion monothéiste. L’adepte de l’islam est désigné par le terme musulman.

La foi musulmane est fortement caractérisée par la croyance en l’unicité de Dieu, les pratiques sont codifiées dans le Coran qui est considéré comme la transcription de la parole de Dieu.

Quels sont les fondements de l'islam ?

La vie du prophète a également une grande importance. En effet, les paroles, les faits et les gestes du prophète Mahomet ont été rapportés, et constituent les hadiths, leur ensemble forme la sunna. Ces derniers constituent une source de référence pour la majorité des musulmans dans leurs pratiques quotidiennes.

C’est à travers toutes ces sources que l’on peut déterminer les principes fondamentaux de l’islam ; les obligations que doit respecter un bon musulman et aussi les signes et symboles distinctifs de la religion.

Histoire de l’islam

Avant de parler des fondements de l’islam, il convient de faire une petite incursion dans l’histoire de cette religion.

Origine

L’islam a vu le jour en Arabie au 7e siècle sous l’égide de Mahomet. Le mot « islam » est la traduction littérale de l’arabe signifiant : « soumission aux ordres de Dieu ». Dernière des religions du courant abrahamique, l’islam est, selon les musulmans, la religion naturelle puisqu’elle émane des premiers jours et avec la création et l’apparition du premier Homme (Adam). Elle se présente ainsi comme un retour sur la voie d’Abraham (Ibrahim en arabe) et en une soumission totale à la volonté d’Allah.

Expansion

Près de 100 ans après la mort du prophète, un vaste empire islamique a occupé le territoire compris entre l’océan Atlantique et l’Asie centrale à l’est. C’est dans un contexte de violence que la religion voit le jour. De nombreuses batailles se sont succédé au cours de cette période. Dès le premier successeur de Mahomet (encore appelé calife), Abou Bakr, une guerre a été déclenchée par les Arabes pour défendre leurs croyances ancestrales. Une guerre civile musulmane a éclaté suite à la mort du troisième calife.

Problèmes de succession et islam dans le monde politique d’aujourd’hui

La chute politique du premier califat a engendré des guerres de succession entre des dynasties rivales réclamant le pouvoir, ou la conduite du monde musulman. Par conséquent, de nombreux empires islamiques ont prospéré sous l’égide de califes différents, mais aucun n’a pu unifier le monde islamique. Cette fragmentation territoriale de l’islam n’a pas empêché certains empires comme l’Empire moghol et les califats abbassides à compter parmi les plus puissants et les plus prospères au monde.

Plus tard, aux 8e et 9e siècles, les puissances impériales européennes s’emparèrent de nombreuses régions islamiques. La pensée occidentale s’est même dépeinte dans l’islam de l’Empire ottoman et a influencé l’impulsion de plusieurs réformes, tandis que le wahhabisme qui prône un retour aux sources commençait à naître.

La foi musulmane

Dans l’islam, les actes ne sont que l’accomplissement d’une profession de foi. Ainsi, la sincérité de l’intention procure aux rites toutes leurs valeurs. De même, les actes n’ont de valeur que selon les intentions. La foi musulmane est donc le fondement même de l’islam et impose au musulman cinq obligations, des devoirs cultuels qui sont considérés comme les piliers de l’islam.

Les musulmans croient en Allah, Dieu unique et indivisible. La profession de foi en islam incite le musulman à croire en Allah, en ses anges et en ses messagers. Le musulman croit également au jugement dernier et en la destinée, qu’elle soit bonne ou mauvaise, car il la considère comme une volonté d’Allah. De ce fait, le musulman est entièrement soumis à la volonté d’Allah.

La foi apparait ainsi pour le musulman non seulement comme des paroles et des actes, mais également comme une intention franche et un attachement à la sunna. Au-delà de croire par la langue, elle impose au musulman d’adhérer par le coeur. Le verset 6 de la sourate 60 et le verset 285 de la sourate 2 précisent que « le prophète croit en ce que le seigneur lui a envoyé ».

Les fidèles croient en Dieu, à ses anges, à ses livres et à ses envoyés. Il découle de ses passages que la foi musulmane est concentrée sur 6 croyances, à savoir :

· la croyance en l’existence et l’unicité de Dieu ;

· la croyance en l’existence des anges ;

· la croyance en l’existence des prophètes dont Mahomet est le dernier ;

· la croyance en l’existence des livres dont Dieu est l’auteur ;

· la croyance en l’existence du jugement dernier et la croyance en l’existence de la destinée.

De cette foi découlent les cinq devoirs obligatoires du musulman. Ces devoirs constituent les cinq piliers de l’islam et représentent un véritable code de conduite. En outre, ils forment le noyau des règles régissant la communauté islamique.

Les piliers de l’islam

Par ordre d’importance on peut retenir :

La profession de foi (chahada)

C’est la déclaration la plus importante, car elle exprime la croyance du musulman en un Dieu unique. C’est la première phrase que doit prononcer une personne qui se convertit en l’islam. La coutume islamique veut que le père d’un nouveau-né, peu après sa naissance, lui récite la profession de foi à l’oreille. L’enfant est alors considéré comme ayant adopté la foi musulmane.

Considérée comme la réaffirmation de l’unicité de Dieu et du fait que Mahomet soit le dernier prophète envoyé sur terre, elle constitue une sorte de credo pour l’islam. Le musulman se doit alors de la répéter autant que faire se peut pour témoigner de sa croyance en un Dieu unique et en Mahomet son prophète.

La chahada consiste en une phrase courte qui peut se traduire comme : « j’atteste qu’il n’y a de divinité que Dieu, et que Mahomet est son Messager ». Cette formule renchérit le dogme de l’unicité absolue de Dieu d’une part, et réaffirme la croyance aux prophètes, dont Mahomet est le dernier.

La prière (salat)

Le deuxième pilier est l’accomplissement de cinq prières quotidiennes. C’est l’expression de la foi du musulman à travers une communication directe et personnelle avec Dieu. Les prières impliquent, pour le musulman, la préservation de sa pureté spirituelle. Elles doivent être effectuées en direction de La Mecque et se composent d’un enchaînement de postures entrecoupées par des récitations de versets coraniques. Ce sont les rakats (unité de prière).

Une rakat commence par la récitation de la sourate Al-Fatiha, puis d’une autre sourate au choix, après une inclinaison et enfin de deux prosternations et se termine en position assise en prenant position accroupie sur les talons. Le nombre de rakat varie de 2 à 4 selon la prière effectuée.

Les heures de prières sont fonction de la position du soleil dans le ciel : l’aube, le zénith, l’après-midi, le crépuscule et la tombée de la nuit. Toutefois, en raison des contingences liées à la vie active, surtout en pays non musulmans, il est autorisé des aménagements permettant aux musulmans d’effectuer leurs prières à un moment plus favorable pour eux.

La mosquée est le lieu dédié à la prière des musulmans. Les hommes sont séparés des femmes afin de respecter la pureté des intentions de prière. Cette séparation ne dure que le temps de la prière, et le lieu peut être occupé sans distinction par les deux sexes en dehors des prières.

Toutefois, à cause des heures qui ne sont pas fixes, la salat peut s’effectuer à domicile. Il n’y a pas de règles prédéfinies lorsque la prière se pratique à la maison. Il est, néanmoins, usuellement recommandé un tapis de prière afin de délimiter un espace pour prier.

L’aumône (zakat)

La générosité envers les nécessiteux et les pauvres est très importante en islam. C’est pourquoi il est exigé au musulman de payer une dîme dont le montant est une fraction de sa fortune. Cette dîme sert essentiellement à aider les personnes défavorisées. Elle se donne généralement en une fois, le jour de la fête de Ramadan.

Le Coran l’évoque plus de 70 fois, et sa portée est pratiquement égale à la prière. La zakat aide à purifier les biens du musulman, et permet aux plus démunis de subvenir à leurs besoins. Elle n’est pas à confondre avec la sadaqa qui est une aumône courante envers les pauvres.

Les biens soumis à la zakat sont généralement la fortune (espèce, avoir en banque, etc.), les récoltes champêtres, les têtes d’élevage et les fonds de commerce.

Le jeûne du mois de Ramadan

Le mois de Ramadan a une importance particulière dans l’islam, car ce fut au cours de ce mois que Mahomet a reçu sa première révélation divine. Chaque jour du neuvième mois de l’année du calendrier musulman, les musulmans doivent jeûner de l’aube au crépuscule.

Ce jeûne porte sur la nourriture, la boisson et les relations sexuelles. Les tout petits enfants, les femmes enceintes et les personnes sérieusement malades sont souvent dispensés de jeûne. La période de jeûne se termine par la fête de rupture de jeûne « Eid-el-Fitr ». Elle est marquée par des réjouissances et le paiement de la zakat.

Le pèlerinage à la Mecque (hadj)

Le hadj consiste à se rendre, une fois au moins, à la Mecque. Ce pèlerinage se fait généralement le dernier mois de l’année du calendrier musulman. C’est une série de rites qui se déroulent dans la deuxième semaine du mois à la mosquée sacrée de la Mecque principalement. Pour les plus fervents, le pèlerinage permet l’expiation et la rédemption des péchés.

Autres piliers

Il est à noter que certains courants islamiques comptent d’autres piliers en plus des cinq traditionnels. Les kharidjites, par exemple, ont considéré, dès les débuts de l’islam, un « sixième pilier qui est le djihad souvent assimilé à la “guerre sainte”.

Les chiites duodécimains portent à dix le nombre de piliers qu’ils appellent auxiliaires de la foi. Ces piliers ont pour principal but de raffermir l’influence des 12 premiers imams reconnus comme successeurs du prophète. On peut citer, notamment, le cinquième du butin (khom). Il consiste en des dons envers ceux considérés comme les héritiers du prophète, et la loyauté et le désaveu qui consistaient à reconnaitre l’autorité des 12 imams et désavouer leurs détracteurs.

Les symboles et bijoux dans l’islam

Comme dans toutes les religions, l’islam aussi comporte certains symboles et bijoux.

Les bijoux dans la culture musulmane

L’islam prône une certaine sobriété dans la parure, et les bijoux sont de l’ordre de pendentifs, de bracelets et de chaînes. Il est, par ailleurs, interdit à un sexe de chercher à ressembler à l’autre, tant dans l’apparence que dans leurs comportements caractéristiques.

Ainsi, il est formellement interdit aux hommes de porter des bijoux en or. Quant à la femme, il lui est interdit de se parer de bijoux dans l’intention d’attirer l’envie, de provoquer des rivalités, la jalousie, ou encore de se faire une renommée par la nature de ses parures.

En somme, il est de la nature humaine de rechercher un embellissement dans son apparence physique. La femme est plus encline à cela. L’islam, en vue de préserver une certaine pudeur, a mis certaines restrictions dans les parures.

En effet, certaines limites, fondées sur l’attirance naturelle entre hommes et femmes, ont été imposées. Ceci, afin de maîtriser les répercussions que cela pourrait entraîner sur l’éthique de la vie, la sérénité des familles et la spiritualité. C’est pourquoi l’islam préconise la modération dans la coiffure et la parure des femmes, même à l’intérieur de chez elle.

Influence des astres dans les symboles

La place de la lune est capitale dans la culture islamique. C’est tel que le symbole islamique le plus répandu est une étoile à cinq branches proche d’un croissant de lune. Ces symboles figurent sur le drapeau d’une multitude de pays musulmans. On peut citer, par exemple, l’Algérie, la Tunisie, la Libye ou encore la Turquie.

Le croissant de lune fait référence au dernier croissant de lune marquant la fin du jeûne du mois de ramadan. L’étoile à cinq branches peut être assimilée aux cinq piliers de l’islam.